Méthodologie

Extrait de l'introduction du guide pédagogique de Bravo! 1

 

Choix méthodologiques et conseils divers

1. L'exploitation des dialogues

Bien que le texte des dialogues figure dans le livre, on n'y recourra pas d'emblée, l'objectif étant plutôt d'entraîner à la compréhension orale.

De longueur variée, ces dialogues présentent la langue parlée avec ses particularités (hésitations, répétitions, éléments phatiques, etc.). Dès le premier cours, on expliquera aux élèves que le document doit être compris dans sa globalité et qu'il ne faut donc pas risquer de perdre le fil de l'écoute en se bloquant sur un mot inconnu.

Préparation : avant de se lancer dans l'écoute, on préparera un peu le sujet : l'observation des illustrations (sans lire le texte) permettra aux élèves de faire des hypothèses et au professeur d'introduire certains mots utiles à la compréhension du document. Les hypothèses seront toutes retenues et l'enseignant encouragera les élèves à imaginer, deviner, déduire et de toute façon à parler.

Compréhension : maintenant, on va procéder à la première écoute (en demandant de cacher le texte ou même de fermer les livres) pour que chacun vérifie ses hypothèses. Il faut poser quelques questions préalables pour guider l'écoute, questions servant en général à identifier la situation de communication: Qui parle ? A qui ? De quoi ? Où se passe la scène ? Lors de l'écoute, les élèves ne vont pas être noyés sous le dialogue puisqu'ils vont y rechercher des éléments précis, ils vont focaliser leur attention sur deux ou trois points seulement.

Lors de la mise en commun des résultats (réponses aux questions posées) on s'efforcera, collectivement, grâce à des approximations successives, de reconstruire l'information. Si la compréhension s'avère difficile, si les élèves ont du mal à comprendre, une technique est envisageable pour faire en sorte qu'ils ne se découragent pas : leur demander d'énoncer, en vrac, les mots qu'ils ont compris et les noter au fur et à mesure au tableau. Ce travail collectif les aidera ensuite à retrouver l'information, guidés, bien entendu, par leur professeur.

Il faudra, avant la seconde écoute poser d'autres questions permettant d'aller plus loin dans la compréhension de la situation.

Exemples : Pourquoi est-ce qu'ils vont là-bas ? Pourquoi Justine est triste ? Qu'est-ce qu'ils ont vu ? etc.

Procéder à la deuxième écoute puis à la mise en commun des résultats. Là, quelques questions supplémentaires seront posées pour s'assurer que l'ensemble est bien compris.

Etant parvenus à la compréhension globale du document, on peut maintenant réaliser l'activité de la rubrique "Vous avez compris ?"

Contrôler la validité des réponses avec une dernière écoute de contrôle.

Exploitation : On va maintenant lire ensemble le texte du dialogue, expliquer si nécessaire quelques mots restés obscurs et exploiter ce dialogue, c'est-à-dire travailler en classe les points importants. C'est également le moment d'exploiter les encadrés grammaticaux qui se trouvent sur la page. Pour tout cela, tous les conseils nécessaires sont donnés dans le paragraphe "exploitation" de chacun des dialogues.

Enfin, il ne faut pas omettre la mémorisation et le travail sur la prononciation, le rythme et l'intonation. Plusieurs possibilités sont offertes : former des groupes de deux ou trois et demander aux élèves d'imiter le dialogue, faire répéter les énoncés par groupes de deux lors d'une écoute fragmentée (on écoute deux répliques, deux élèves les répètent aussitôt), répéter chacune des répliques collectivement puis demander à un ou deux élèves de la répéter, etc. Durant cette phase (et d'ailleurs le plus souvent possible au cours de ce type d'activités), il serait bon de provoquer des interactions au sein du groupe: inviter un élève à poser une question du même type que celle du dialogue à un camarade qui devra répondre puis à son tour interroger une autre personne et ainsi de suite... En plus de la dynamique de groupe que cela créera, cette activité devrait aider les élèves à mieux accepter le caractère un peu mécanique de la répétition.

 

2. " Mon dictionnaire "

L'apprentissage du vocabulaire ne s'arrête pas au travail proposé sur les pages "Je découvre la langue". Comment faire retenir les mots nouveaux ? Quel classement adopter ? Quelles stratégies mettre en place ? Comment faire apprendre ?... L'apprentissage du vocabulaire en langue étrangère fait l'objet de nombreuses recherches et publications et apparaît comme une question épineuse.

Par l' "autodictionnaire" proposé à la fin du cahier d'exercices, nous avons cherché les moyens de rendre les élèves actifs et relativement autonomes face à leur apprentissage.

Les mots essentiels de chaque unité sont listés à la fin du cahier d'exercices. Volontairement, nous n'avons pas répertorié tous les mots utilisés dans chaque leçon. En effet, certains auront été compris par inférence mais ne sont pas nécessairement à retenir à ce stade de l'apprentissage, d'autres sont largement travaillés dans les autodiagnostics ou dans les encadrés jaunes qui jalonnent les unités (les couleurs, les jours de la semaine, etc.), d'autres encore apparaissent pour la première fois dans telle unité - et seront compris globalement - mais seront revus dans une unité ultérieure (cf. le verbe boire apparaît dans l'unité 5, page 34 mais sa conjugaison complète est donnée à l'unité 11, en page 85).

A la fin de chaque unité, il sera demandé aux élèves, soit en classe, soit à la maison, d'effectuer le travail suivant : selon la nature de chacun des mots, selon les stratégies personnelles d'apprentissage et l'aptitude de chaque apprenant à mémoriser, chacun devra :

- soit faire une phrase explicite dans laquelle il utilisera le mot nouveau (exemple, à l'unité 2 : Sophie Marceau est française),

- soit trouver un synonyme (exemple, à l'unité 5 : copain = ami),

- soit trouver un contraire (exemple, à l'unité 2),

- soit faire un petit dessin pour représenter le signifié (exemple, à l'unité 7),

- soit expliquer le mot en français (exemple, à l'unité 10 : immense = très grand),

- soit traduire en langue maternelle.

On encouragera les élèves à varier les moyens de s'approprier leur vocabulaire et surtout à ne recourir à la langue maternelle que quand il est vraiment difficile de faire autrement. Ce travail ne doit pas être long ni fastidieux mais plutôt être présenté comme une activité ludique.

On peut également demander de rajouter, avec un stylo de couleur différente, un ou plusieurs mots de la même famille déjà connus (exemple : jouer à l'unité 3 pourra rappeler à certains jeux, vus à l'unité 2). On peut également demander, pour chaque adjectif, de noter, d'une autre couleur par exemple, le féminin (exemple : à l'unité 2 grec / grecque). Des lignes supplémentaires sont proposées à la fin de chaque liste : l'élève pourra les compléter avec d'autres mots qu'il aura retenus au cours de cette unité (mots présents dans le livre ou donnés par le professeur pour les besoins d'une activité).

L'idéal serait que le travail sur la première unité soit fait avec l'aide du professeur, afin que, grâce aux apports du groupe, chaque élève comprenne bien le travail qui lui est demandé et prenne du plaisir à imaginer, créer, trouver des astuces - bref, qu'il retienne en s'amusant. Le professeur veillera à la bonne tenue de cet " autodictionnaire " soit par une mise en commun en classe, soit par la vérification régulière des cahiers des élèves.

Outre l'aspect ludique, ce travail présente l'avantage de ne pas être " universel " c'est-à-dire que selon son niveau, chacun aura recours au moyen qui lui semble le plus accessible et sera encouragé dans cette démarche, l'essentiel étant qu'il retravaille sur le mot vu en classe afin de le retenir.

Ainsi, tout au long de l'année, chacun se constituera son propre dictionnaire qu'il pourra consulter et enrichir à sa guise.

 

3. La dimension culturelle

Il est important que dès le plus jeune âge chacun soit habitué à connaître des réalités différentes des siennes, afin d'accepter et de comprendre les autres cultures. C'est dans cette optique d'ouverture, de tolérance et d'intercompréhension que nous avons soigneusement choisi les thèmes et les documents de Bravo ! Les deux histoires suivies présentent des jeunes gens du même âge qu'eux vivant en France. Il est donc question de fête d'anniversaire, de sortie au fast-food, de cinéma. Sur la page " Je lis et j'écris ", de nombreux documents authentiques décrivent des réalités françaises : le Futuroscope, des vedettes francophones, le plan d'un quartier de Paris, etc. Enfin et surtout, les quatre magazines proposent des articles de journaux sur la mode, les vacances, la culture hip-hop, et bien d'autres sujets proches de la réalité des jeunes adolescents français ou vivant en France.

Chaque fois que cela est possible, nous proposons dans ce guide des pistes permettant d'engager de réels échanges interculturels dans le modeste but d'aplanir les incompréhensions qui peuvent parfois naître entre deux cultures.

 

4. La conceptualisation

Il est important de souligner que la conceptualisation des points étudiés - ceci est vrai pour ce qui concerne la grammaire mais aussi la communication - se fait bien au-delà de la page dans laquelle l'élément est présenté et travaillé. Les acquis sont sans cesse rebrassés dans les unités suivantes voire dans Bravo ! 2 et Bravo ! 3.

Pour finir, le cahier d'exercices propose des activités variées visant au réemploi et à la mémorisation des points présentés en page grammaire.

 

5. La motivation

Bravo ! s'adresse à de jeunes adolescents en milieu scolaire, adolescents qui n'ont pas toujours un intérêt pour la langue apprise (qui souvent n'ont d'ailleurs même pas choisi eux-mêmes cette langue) et qui sont soumis aux contraintes institutionnelles (horaires et manuels non choisis, évaluation subie, etc.) et pour qui la question de la motivation est essentielle.

Il nous a semblé primordial d'avoir toujours en tête le souci de créer une motivation chez ces jeunes. Comment ?

 

En favorisant l'interaction entre élèves. Le plus souvent, l'apprenant va être amené à travailler seul ou par groupes de deux ou trois. Il va devoir imaginer, comprendre, écrire, parler, s'évaluer, évaluer ses camarades. Certes, la communication entre le professeur et l'apprenant va exister mais dès que cela est possible, on préférera instaurer des interactions entre les élèves eux-mêmes. Ainsi, ils ne s'ennuieront pas car ils seront toujours actifs et ils seront à l'initiative de bien des échanges, ce qui les fera progresser et les motivera. Les quatre autodiagnostics qui proposent aux apprenants de s'autoévaluer et de remédier eux-mêmes à leurs éventuelles lacunes, ainsi que les nombreux conseils donnés tout au long de ce guide pédagogique s'inscrivent dans cette volonté de responsabiliser les apprenants pour les motiver.

En leur proposant des thèmes proches de leur environnement immédiat et de leurs intérêts. Les deux histoires suivies mettent en scène des jeunes de 12-15 ans - dans lesquels ils peuvent se reconnaître - qui vivent des situations que les élèves pourraient vivre eux-mêmes.

En leur proposant des choix : le choix d'interroger le camarade qu'ils désirent dans de nombreuses activités, le choix d'évaluer leurs connaissances et celui de remédier ou non à leurs lacunes éventuelles (le choix même d'avouer qu'ils ont des lacunes), le choix de repérer ou non les erreurs d'un camarade qui s'exprime, ou encore le choix de construire librement leur autodictionnaire dans le cahier d'exercices, etc.

En proposant dans les pages "Je lis et j'écris" de nombreux documents authentiques pouvant éveiller l'intérêt de ce jeune public tels que des photos de chanteurs ou acteurs francophones, un article sur la mode, une bande dessinée, un article sur le cinéma, etc.

En introduisant des magazines récréatifs conçus comme des magazines pour jeunes adolescents avec des articles les touchant de près. L'enseignant est libre de laisser les élèves les découvrir (en classe ou à la maison). Bien entendu, des discussions, des échanges d'idées ou des débats peuvent être proposés suite à la lecture de ces pages mais l'objectif est que l'apprenant aime ces pages, s'y reconnaisse et y trouve l'envie d'aller plus loin dans son apprentissage de la langue et de la culture françaises.

 

6. Le rôle de l'enseignant


Dans ce schéma de classe animée, dans laquelle les réseaux de communication seront multiples, le professeur va jouer un rôle essentiel. En effet, c'est par lui que les élèves vont prendre confiance en eux, vont oser parler et agir en français et vont certainement alors aimer le français. C'est l'enseignant qui va mettre les élèves dans les situations requises pour qu'ils construisent leur apprentissage. Son comportement et les démarches qu'il adopte sont primordiaux.

Le professeur devra encourager les prises de parole, féliciter les prises de risques des élèves, ne pas blâmer l'erreur. Peu importe s'ils communiquent avec des fautes, l'essentiel est qu'ils communiquent. Peu à peu, les maladresses et les erreurs récurrentes disparaîtront avec la pratique et la remédiation mise en place. Le professeur doit apparaître comme un guide, un médiateur, un animateur (dans le sens où c'est lui qui va animer la classe) mais pas comme le " détenteur unique du savoir " et " le censeur ". De nombreux conseils allant dans ce sens sont donnés dans ce guide au fur et à mesure des activités.

Pour ce qui est de la remédiation, de la correction des erreurs, plusieurs stratégies peuvent être envisagées, selon la nature de l'activité. Dans ce guide, nous parlons souvent d'" intercorrection ". En effet, pour que chaque élève reste vigilant quand une autre personne de la classe intervient, il est bon de demander aux élèves auditeurs de noter les erreurs qu'ils entendent au fur et à mesure sur une feuille de brouillon. Bien entendu, mieux vaut ne pas couper quelqu'un qui est en train de parler, au risque de le bloquer. à la fin de l'échange, chacun annoncera les erreurs qu'il a relevées et tous ensemble, on essaiera de les corriger. C'est bien sûr le professeur qui validera les bonnes réponses, mais les élèves se sentiront impliqués et valorisés s'ils prennent part à la correction.

Deux autres avantages à cette technique de correction : les apprenants apprendront à écouter avec une oreille critique ce qui les amènera progressivement à s'autoévaluer lors de leurs propres productions et ainsi à avoir un réflexe d'attention.

Le fait que chacun soit autorisé à corriger chacun et que tout le monde prenne part activement à la remédiation conduit en général à un bon climat au sein du groupe, à une atmosphère de coopération et d'aide mutuelle.

Parfois, seul le professeur corrigera les erreurs. La même technique sera adoptée : il note les erreurs sans interrompre l'échange, puis on corrige collectivement. Lors de la phase de remédiation, le professeur annoncera les erreurs notées mais il attendra que l'apprenant ayant commis l'erreur, ou ses camarades s'il n'y parvient pas, donnent la forme convenable.

En aucun cas, la remédiation et l'évaluation ne doivent apparaître comme des sanctions ; elles doivent plutôt être perçues comme des outils d'information (à la fois pour l'apprenant et l'enseignant).

L'ensemble Bravo !

La méthode se compose de trois niveaux comprenant chacun :

un livre de l'élève (décrit ci-dessus)
   
un guide pédagogique qui propose
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une introduction ;
pour chaque activité des conseils méthodologiques, des pistes d'exploitation, des références culturelles et le corrigé ;
après chaque module, un test d'évaluation avec son barème, des indications sur le temps de passation et les corrigés complets ;
la transcription des enregistrements du livre de l'élève.
   
un cahier d'exercices illustré qui suit pas à pas la progression du livre de l'élève et s'attache à développer les points essentiels qui y sont présentés par :
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des activités variées à faire en autonomie (environ 80 % de la totalité) qui reprennent ce qui est étudié dans le livre de l'élève en vocabulaire, orthographe, communication et grammaire. Grâce à ce réemploi, les élèves vont mieux comprendre et mémoriser ces éléments. Ils vont donc entraîner leur pratique et renforcer leurs acquisitions ;
des activités à faire en classe avec le professeur (environ 20 % de la totalité), notamment des exercices sur l'orthographe ou sur la communication (travaux de groupes) ;
un autodictionnaire ;
le corrigé de tous les exercices.
   
deux cassettes audios qui reprennent les diverses activités enregistrées de la méthode : dialogues, chansons, exercices de compréhension et d'ortographe. Les transcriptions des enregistrements se trouvent dans le guide pédagogique, en regard du corrigé de l'activité ;
   
une cassette vidéo de 25 minutes, pour le niveau 1, qui propose un renforcement des acquisitions linguistiques par la mise en scène des activités essentielles du livre de l'élève.



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